Comment regarde-t-on une belle femme sans être inconvenant?
L’excellent site GQ France nous donne à nous les hommes un conseil pour placer le regard que l’on jette à une femme…..
Examinez-vous un instant et demandez-vous vous si votre position est obscène. À moins que vous soyez attirés l’un vers l’autre par un champ magnétique incontrôlable, il faut laisser au regard le temps de la respiration. Vous ne pouvez fixer quelqu’un sans qu’elle se demande si vous êtes tout à fait net. Prenez donc votre temps, mais soyez présent. Trop d’insolents pensent que feindre l’ignorance suffit à susciter l’émoi, mais c’est souvent faux. Regardez donc cette femme comme une femme et non comme un gros gâteau. Cette part de respect et d’admiration pèseront lourd dans la balance.
Pour ma part, je sors mon beau regard vert, genre chien battu en manque d’affection (ou en manque de Speculoos) et elles craquent toutes…..
(On déplorera néanmoins que GQ considère Ryan Mou Gosling comme un modèle pour Nous les Hommes…….)
PS : mes chevilles vont très bien…
Les femmes sont toutes des chieuses. Mais comment trouver la chieuse qui vous correspond? | Surhomme.fr : séduction, lifestyle et développement personnel
test de psychologie masculine….
je crois que je préfère la CAL….. car l’égalité homme-femme est un mythe……
(humour)
Montebourg, Chevènement et Bachelay veulent une autre Europe, solidaire et volontaire
(tribune dans libération intitulée “Nous voulons une autre Europe” Par Jean-Pierre Chevènement Président d’honneur du MRC, Arnaud Montebourg Député (PS) de Saône-et-Loire, Guillaume Bachelay Vice-Président (PS) de la région Haute-Normandie.)
Nous représentons trois générations de militants et responsables de gauche. Trois générations aussi de républicains inquiets de l’Europe telle qu’elle va, ou plutôt telle qu’elle ne va pas.
En 2005, nous avons refusé le traité constitutionnel au nom d’une Europe plus offensive et moins naïve dans la mondialisation. Depuis, la réalité a hélas dépassé nos craintes. Elus de territoires industriels, nous vivons les effets de l’investissement timide, de la concurrence rigide, de la politique monétaire fautive, de la stratégie commerciale passive.
Pro-européens convaincus mais alter-européens résolus, nous voulons que l’Europe soit la puissance solidaire et volontaire qu’attendent les peuples. C’est pour que le changement en France rende possible le changement en Europe que nous nous engageons aux côtés de François Hollande.
En 2007, le candidat sortant avait promis de se battre pour une Europe qui protège. Ont suivi cinq ans de renoncements face à l’ultralibéralisme et à l’hyper-austérité sur le continent. L’agenda social et les enjeux commerciaux n’ont pas été inscrits à l’ordre du jour de la présidence française de l’Union européenne en 2008, pas plus qu’ils n’ont été abordés au G20 que M. Sarkozy présida en 2011.
Les pactes «de compétitivité» et «pour l’euro plus», conçus par le président français et la chancelière Merkel, ont imposé le versant libéral du modèle allemand : pseudo-règles d’or dans les Constitutions des Etats, désindexation des salaires sur les prix, retraite progressivement reculée à 67 ans, harmonisation de l’impôt sur les sociétés vers le moins-disant. En revanche, des solutions positives et éprouvées outre-Rhin ont été ignorées, telles que le financement des PME ou la formation des salariés.
Même approche pour le «traité de stabilité» adopté à l’initiative des droites franco-allemandes : tout pour l’austérité, rien contre la récession et le chômage. Qu’elle étrangle le peuple grec ou asphyxie l’Espagne n’ébranle pas leur dogmatisme.
Face à cette panne d’Europe, l’élection de François Hollande est d’intérêt général européen.
Parce que son projet vise à dépasser le oui et le non de 2005 sur la base d’une synthèse dynamique. Parce qu’il sait que sans relance de gauche, l’Europe libérale ne fera que renforcer les inégalités sociales et géographiques.
François Hollande renégociera et complétera l’accord européen pour combattre la crise et préparer l’après-crise. Dès son élection, il proposera à nos partenaires un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance : coordination des politiques économiques pour des projets d’infrastructures énergétiques, de transport et de santé ; fonds européen face aux marchés avec la Banque centrale européenne ; euro-obligations pour financer les grands chantiers et mutualiser une partie des dettes souveraines ; reprise en main du secteur bancaire ; réciprocité commerciale face au dumping ; politique du taux de change pour en finir avec l’euro cher qui plombe les entreprises européennes. Afin de relever ensemble ces défis, François Hollande proposera un traité d’amitié dans l’égalité entre la France et l’Allemagne. Cinquante ans après le texte de l’Elysée signé par de Gaulle et Adenauer, il symbolisera la nouvelle espérance européenne.
De son côté, le candidat sortant agite les peurs : «Vous n’y arriverez pas.» Ce n’est pas parce qu’il a déserté la cause de l’Europe et échoué à changer la vie des Européens qu’il doit interdire à la gauche de vouloir réussir.
Au fond, ce qu’il dit importe peu. Déterminante, en revanche, est la mobilisation des citoyens - et d’abord à gauche - à l’heure où peuvent bouger les lignes et où la gauche européenne a tiré les leçons de l’expérience.
A la fin des années 90, le libéralisme était triomphant. Aujourd’hui, les solutions régulatrices et interventionnistes sont portées à tous les échelons : par les socialistes français et leurs alliés, par le SPD allemand, par le Parti socialiste européen. A gauche, en Europe, tous en conviennent, nous vivons une crise de système et non de conjoncture.
En 1997, rares étaient les dirigeants à considérer que l’Europe faisait fausse route. En 2012, alors qu’une nouvelle crise financière est possible et que l’Union européenne compte 25 millions de chômeurs, la prise de conscience se généralise. Certes, face à l’urgence, les dirigeants européens ont accepté les conditions dictées par les conservateurs allemands pour tenter de juguler la spéculation. Les pays qui avaient le couteau sous la gorge n’ont guère eu le choix. Quant à M. Sarkozy, il les a acceptées sans ciller, commettant à nos yeux sa plus lourde faute. Si la réduction de l’endettement ne fait pas débat - il en va de la souveraineté du politique face aux marchés financiers -, le consensus grandit pour admettre que l’austérité généralisée relève du suicide collectif et non du plan de sauvetage. La dette ou la diète n’est pas une alternative.
Pour s’enclencher, la réorientation européenne doit être portée par un pays et un responsable profondément attachés à la construction européenne. C’est le cas de la France, pays fondateur dont les choix furent souvent des avant-gardes. C’est le cas de François Hollande, militant inlassable de l’unité des Européens, qui sait que les révoltes doivent trouver un débouché politique dans les réformes. Changer d’Europe suppose d’être sérieusement à gauche et d’une gauche sérieuse.
Droite austéritaire ou gauche de croissance ? Le choix de l’élection présidentielle ne concerne pas 43 millions d’électeurs français, mais un demi-milliard de citoyens ou futurs citoyens en Europe.
Une fois encore, pour une Europe de progrès, la France a rendez-vous avec l’histoire.
pensées de concert (Bénabar, Zenith Dijon, 4/4)

Ce mercredi, chose rare, je me suis rendu à un concert : invité que j’étais à celui de Bénabar, aka chanteur préféré de moi-même. j’avais gagné une invitation et je n’allais donc pas laisser passer l’occasion de le voir au Zenith de Dijon….

Le Bien Public consacre 3 articles : un, deux, trois, en renvoyant aux photos de mon copain, l’excellent Didier Taberlet….
Bien sûr, pas de Majorette, pas de Vade Retro Telephone, parmi mon podium des chansons préférées….
mais il y eut Infréquentable, chanson que j’adore, sans doute parce que je le suis… mais il y eut deux magnifiques choristes créoles…. et des titres réorchestrés comme Y’a une fille qui habite chez moi, infréquentable, le 115, à poings fermés, A notre santé, etc….. sans oublier une traduction toute bénabaresque de Love me Tender et un immanquable ban bourguignon….
un aperçu en vidéo ici..
mes 4 QOTC (quote of the concert)
- 1°) Charles-Baptiste, 1ère partie de Bénabar : “avant d’être connue, t’étais moins conne ; avant d’être perdue, t’étais personne…”
- 2°) Bénabar himself à propos de Râteaux… “on devrait plutôt dire ‘se prendre un manche’ mais pour une femme, se prendre un manche, ça évoque plutôt qu’elle a conclu” (pardon mesdames et mesdemoiselles)
- 3°) Bénabar très en verve à propos des téléphones fixes “on aurait pu appeler les téléphones fixes smartphones, smart comme la voiture….”
- 4°) Bénabar, chambrant ses choristes : “‘on aurait dû prendre des mecs chorsites, des caristes”
il reste 2 questions en suspens :
- Kehul arrivera-t-il à trouver
et un big up à Bénabar On Line qui me RT régulièrement quand je parle de Bruno.. #benabargeRules
Le Parti de la Promotion et de la Sauvegarde de la Chemisette au Travail
Communiqué 
L’ostracisme récurrent et pour tout dire scandaleux dont sont victimes les chemisettes (ici et là, par exemple) me conduit officiellement et solennellement à lancer le très sérieux “parti de la chemisette”.
En effet, les chemisettes, spécialement au travail, sont vilipendées au nom d’un pseudo bon gôut alors que c’est une question de confort. Et le confort au travail permet de meilleurs résultats.
Nous demandons à ce que soit accepté et généralisé le port de la chemisette au travail (avec cravate) comme sont acceptés leurs pendants féminins….. sinon, nous agirons en conséquence….

Stéphane Augendre, Président-Fondateur du Parti de la Promotion et de la Sauvegarde de la Chemisette au Travail
(NB : quel jour sommes-nous ?)
Arnaud Montebourg lance son mouvement “La Rose et le réséda”, le 4/2/2012

Chers amis,
Fidèlement
Communiqué d’Arnaud Montebourg : perte du Triple A
A vouloir faire la politique des marchés financiers plutôt qu’avoir eu le courage de les combattre, c’est la France et les Français qui paient très cher cette politique irresponsable qui conduit notre pays a’ l’abaissement. Un surendettement historique avec 612 milliards de dettes supplémentaires en 5 ans, une dette entre les mains de créanciers étrangers a’ 65 pour cent, 3 plans de rigueur dangereux et recessifs pour amadouer inutilement les marchés, la France ne peut que constater l’incompétence et l’irresponsabilité de ses dirigeants actuels, qui nous conduisent a’ la soumission économique et financière et a’ la perte progressive de souveraineté. Le chemin du redressement que nous empruntons avec Francois Hollande passera par la mise au pas de la finance par des mesures très draconiennes contre le système financier et les banques, elle passera également par le désendettement du pays et l’assainissement des comptes publics en mettant fin aux innombrables cadeaux fiscaux aux plus fortunés qui ont conduit au surendettement de la République. Ce chemin du redressement sera guidé par l’esprit de justice, il épargnera les classes moyennes et populaires des efforts excessifs auxquels au nom d’une politique désastreuse a’ laquelle elles viennent d’être soumises pendant ces dernières années. Depuis la crise, les plans de sauvetage et de renflouement sont pour les banques, les plans d’austérité et de rigueur sont toujours pour la population. Le moment est venu d’inverser nos priorités : la rigueur et la remise en ordre devront être désormais pour les banques, les marchés financiers, les comportements spéculatifs, les évadés fiscaux, les paradis fiscaux, et les agences de notation.
Arnaud Montebourg : Une victoire lente mais certaine de la démondialisation
La Tribune (France), no. 4891 Éditoriaux et opinions, jeudi 12 janvier 2012, p. 22
La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles mais d’échapper aux idées anciennes », écrivait Keynes en 1936, alors qu’une génération nouvelle d’intellectuels, d’économistes et de politiques réussissaient à imposer des solutions inédites pour sortir du libéralisme qui avait mené à la Grande Dépression. Nous vivons le même genre d’aveuglement quatre-vingts années plus tard : soumission stupide de la politique aux marchés, conception anachronique de la Banque centrale, qui pourrait régler sans douleur le problème de la dette mais refuse par dogmatisme de le faire, multiplication moutonnière et dangereuse des plans d’austérité. Comment échapper aux idées anciennes qui nous détruisent?
Nous sommes habitués en France à ce que toute idée neuve comme la démondialisation subisse le même chemin de croix. Elle est d’abord caricaturée, piétinée… Puis les vieilles certitudes se fissurent et les conservateurs passent soudain avec armes et bagages dans l’autre camp. Ainsi Bruno Le Maire, Christian Estrosi, Laurent Wauquiez viennent de se rallier à leur tour à un protectionnisme « moderne », ajoutant leurs voix à celle de François Bayrou qui a fait du « made in France » le thème de sa campagne, et rejoignant à bride abattue le « patriotisme industriel » de François Hollande.
À droite comme à gauche, le protectionnisme raisonné est en passe de devenir un objet du consensus national. Il se fonde sur l’idée que le libre-échange sans règle est un échec pour les économies anciennement industrialisées et la politique de l’euro fort un suicide industriel. Le bilan de cette double erreur que l’Europe est la seule à avoir commise dans le monde (conjuguer une monnaie forte non régulée et des frontières totalement ouvertes) est la perte de 750.000 emplois industriels en France en dix ans et la montée des extrémismes. Pendant que nous nous entêtons dans nos erreurs, la démondialisation a commencé partout ailleurs, calmement, sans faire de bruit.
Les présidentes des Républiques du Brésil et de l’Argentine ont annoncé leur volonté commune de protéger le Mercosur (le marché commun sud-américain) de la concurrence déloyale, parce que cela va de soi. Le Brésil taxe déjà les entrées de capitaux sur son territoire et vient de mettre en place une taxe additionnelle de 30 points sur les véhicules dont la production n’est pas à 65 % effectuée sur son territoire ou dans le Mercosur. Tous les constructeurs, notamment européens, viennent d’annoncer des implantations d’usines sur place. La hausse des coûts de transport, qui représentent désormais jusqu’à 25 % ou 30 % des matières premières industrielles, contribue à ce choix. Délais de livraison, risque de retards, nécessité de maintenir des stocks ou qualité douteuse poussent des industriels à relocaliser. Pendant ce temps, les Chinois surtaxent les importations de véhicules, afin d’accélérer les délocalisations à leur profit. Plus généralement, la Chine a décidé de ne plus se contenter d’être l’atelier du monde, le spécialiste des productions à faible valeur ajoutée. Foxconn, géant taïwanais de l’électronique, sous-traitant d’Apple, Nokia ou Sony, cherche à remonter la « chaîne de valeur ». À la fabrication et l’assemblage s’ajoutent désormais le design et la recherche. Le phénomène est plus marqué encore aux États-Unis. Ford, Caterpillar et General Motors ont choisi d’investir désormais sur le sol américain. US Block Windows, fabricant de fenêtres en Plexiglas, a relocalisé sa production aux États-Unis à cause des délais.
En France, ce sont les industriels qui réévaluent les délocalisations contre l’avis des pouvoirs publics : des opticiens Atol, en passant par les skis Rossignol et les jouets Meccano, les relocalisations se multiplient. En Saône-et-Loire, Qooq vient de relocaliser depuis la Chine une unité de fabrication de tablettes tactiles plus créatives et innovantes, plus performantes et moins chères que l’iPad d’Apple fabriquée par Foxconn en Chine.
D’autant que si l’économie se transforme, la société change aussi. Les hommes et les femmes veulent vivre « à l’échelle humaine ». Ils n’acceptent plus la dégradation de l’environnement au nom du productivisme. Pour toutes ces raisons, la mondialisation est un système du passé, un vieux cadavre à la renverse, aurait dit Sartre.
Il reste que l’ordre ancien résiste. Les gardiens heureux de la mondialisation répètent avec la foi du charbonnier « on ne peut rien contre » sans voir que tous les pays du monde, et surtout les plus ouverts ont décidé de recentrer leurs efforts sur leur propre capacité productive et de défendre leur propre responsabilité écologique. Loin d’être un projet de fermeture, la démondialisation est au contraire celui d’une France et d’une Europe qui se réindustrialisent, plutôt qu’un territoire qui consomme les produits fabriqués ailleurs dans n’importe quelles conditions. Un territoire ouvert à toutes les entreprises qui viendront y produire. L’Europe doit protéger ses industries par des mesures protectionnistes et les soutenir par une politique industrielle vigoureuse. Elle a enfin le moyen d’être concrète et utile aux peuples.
Ce patriotisme industriel, c’est le retour de la gauche parmi ceux qu’elle a pour mission de défendre, ouvriers, techniciens, employés, ingénieurs… Défendre le travail et son prix le salaire, la créativité, la protection sociale, le savoir-faire et l’intelligence productive appartient à la tradition de la gauche. Le protectionnisme raisonné doit être son instrument. Il contient un droit à la prospérité pour tous les peuples. En ce sens, la démondialisation est l’internationalisme du nouveau siècle.
À cette démondialisation, Marine Le Pen n’a rien compris. Elle rêve de miradors autour des frontières et accuse tantôt les « esclaves » chinois d’ôter le pain de la bouche des Français, tantôt les immigrés de leur prendre leur travail. Nous, nous imaginons les règles d’un monde plus juste pour tous, au nord comme au sud. Mais qu’elle soit prévenue que : nous ne lui abandonnerons pas les perdants de la mondialisation, nous serons sur sa route avec nos valeurs de protection du travail et des travailleurs qui n’ont que cela pour vivre.
Arnaud Montebourg : « Le protectionnisme européen est inéluctable »
Les Echos, no. 21097 France, lundi 9 janvier 2012, p. 2
ARNAUD MONTEBOURG DÉPUTÉ DE SAÔNE-ET-LOIRE
STEPHANE DUPONT; GUILLAUME TABARD
Le député PS de Saône-et-Loire, troisième homme des primaires socialistes avec 17 % des voix, se livre aux « Echos ».
La TVA sociale peut-elle freiner les importations ?
Diminuer la protection sociale, écraser les salaires pour nous adapter aux pays low cost est insoutenable. C’est ce qu’a fait l’Allemagne il y a quelques années. Ce choix mène à une impasse. Même Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, dit que ce n’est pas un modèle viable sur le long terme. La TVA sociale est une très mauvaise réponse à un vrai problème. Elle est surtout injuste : elle fait porter l’allègement du coût de la protection sociale des entreprises sur les ménages, les retraités et les chômeurs. Après avoir servi les plus favorisés, notamment en allégeant l’ISF, Nicolas Sarkozy veut désormais frapper les plus pauvres avec la TVA.
Que proposez-vous pour lutter contre la désindustrialisation ?
La classe dirigeante française a délaissé l’industrie, abandonnant toute politique industrielle, pour privilégier la finance qui a servi d’autres intérêts que ceux de l’économie réelle. Et les entreprises du CAC 40 ont fait la croissance des autres pays mais pas la nôtre, en se développant d’abord à l’étranger. Le patriotisme industriel a disparu en France. Je me félicite que la classe politique en prenne enfin conscience, que la question du made in France soit devenue centrale. Et je me réjouis que notre candidat François Hollande parle ouvertement de patriotisme industriel.
Que faire concrètement ?
Au sein du couple franco-allemand, on ne peut accepter que nos intérêts vitaux soient sacrifiés sur tous les plans. On ne peut pas perdre, à la fois, sur le terrain monétaire avec un euro-mark surévalué au vu de la spécialisation de notre économie, sur le terrain commercial avec l’absence de protection aux frontières de l’Europe. Il faut avoir le courage de dire que l’Allemagne a réalisé, ces dernières années, ses bonnes performances au détriment des autres pays d’Europe. Il sera inévitable de faire plier la Banque centrale européenne qui, par dogmatisme pro-allemand consistant à refuser de monétiser la dette européenne, se désintéresse de l’économie réelle et impose des plans d’austérité qui aggravent la récession. Si on continue dans cet aveuglement, les peuples se révolteront et éliront des gouvernements extrémistes qui détruiront l’euro. La BCE sera donc contrainte à agir comme toutes les autres banques centrales en rachetant de la dette souveraine.
François Hollande est plutôt discret sur ces questions…
François Hollande, lors d’un déplacement dans mon département de Saône-et-Loire, a récemment insisté sur la nécessité de se protéger contre la concurrence déloyale mondiale. Le protectionnisme européen est devenu inéluctable. Il fait d’ailleurs l’objet d’un quasi-consensus national. Pour mener cette politique, une taxe carbone aux frontières de l’Europe et une taxe lourde sur les transactions financières doivent être introduites. Mais on ne va pas attendre les Vingt-Sept indéfiniment. Il faut que nous puissions les mettre en oeuvre nationalement au plus vite. La France doit pouvoir aussi imposer des restrictions commerciales sur certains produits extracommunautaires ne respectant pas les normes environnementales sans enfreindre les règles commerciales. C’est tout à fait possible juridiquement dans le cadre actuel de l’OMC.
Le candidat socialiste ne parle guère des mesures de lutte contre la spéculation financière que vous réclamiez pendant la primaire…
C’est vrai à ce jour. Mais il s’exprimera fortement sur le sujet dans la campagne. Séparer les activités de banque de dépôt de celles d’investissement est une nécessité impérieuse. Il faut que les banques arrêtent de spéculer et fassent leur travail : financer l’économie réelle. La tolérance que les politiques ont accordée au système financier est aujourd’hui révolue. Il faut inverser la donne : les plans d’austérité doivent être pour le système financier et non plus pour les peuples.
Faut-il renoncer à fusionner la CSG et l’impôt sur le revenu ?
François Hollande est attaché à réaliser cette révolution fiscale. Elle ne se fera pas en un jour, elle sera étalée dans le temps. Dire que la fusion ne se fera pas est une erreur de présentation. Elle doit être réalisée durant le quinquennat. Et le plus tôt sera le mieux. Je n’ai aucun doute sur le volontarisme de François Hollande en la matière. Il a redit la semaine dernière sur France 2 que la fusion aurait lieu.
Que pensez-vous de l’accord signé entre le PS et les Verts ?
Cet accord se trompe de cible. L’urgence est à la transition énergétique, car les anticipations du réchauffement climatique sont effrayantes. Mais ce qu’il faut organiser, c’est d’abord la sortie du pétrole, pas celle du nucléaire. L’atome est justement l’outil pour assumer cette transition. C’est le moyen d’avancer sur le chemin de la réindustrialisation. Et de passer à une économie post-carbone. L’Europe doit prendre le leadership de la troisième révolution industrielle qui conjuguera les technologies issues d’Internet et les énergies renouvelables quand la seconde combinait l’automobile et le pétrole et la première le chemin de fer et le charbon.
Croyez-vous au risque d’un nouveau 21 avril ?
Le trouble est en effet profond chez les Français parce qu’ils ont le sentiment que la politique a capitulé devant la finance et je vous laisse deviner quel vote cela peut nourrir. C’est pourquoi je plaide avec autant d’insistance pour des mesures volontaires et innovantes en rupture avec les préjugés anciens. Pour ne pas revivre un 21 avril, la gauche doit assumer une forme de radicalité contre les dérives du système financier. C’est ce que j’ai fait durant la primaire et que je continue à faire pour permettre la victoire de François Hollande.
L’Elysée “verrouille” les postes-clés de l’Etat : réaction d’A. Montebourg
Arnaud Montebourg, a de son côté jugé que “les nominations en série et en catastrophe par le pouvoir sarkozyste dans des secteurs stratégiques de l’économie et de la justice montrent un pouvoir coupé de la société, cherchant à contrôler plutôt qu’à respecter et comprendre”.
Pour le député de Saône-et-Loire, “la panique du pouvoir est visible, cerné par les affaires de corruption de la gravité la plus extrême, qui nomme au canon des procureurs à sa solde, pour tenter en désespoir de cause de retarder le cours de la justice”.
(via le Parisien)